Edmée Nicolle est l'une des figures
féminines les plus marquantes de la seconde guerre mondiale, et aussi une héroïne de la Grande Guerre, pourtant
c'est sans nul doute l'une des moins connue à ce jour.
Quelques travaux universitaires
(Frédéric Pineau), quelques livres (Germaine Dubreuil, Odette
Fabius, Marguerite d'Anjou Nikolis, Frédéric Pineau) ou articles
(Chantal Ciret, Frédéric Pineau, Jean-Jacques Monsuez) l'ont sortie
de l'ombre, comme de l'oubli. Ses mémoires, non publiées, ont déjà été utilisées,
entre autre pour les travaux de Frédéric Pineau, mais elles
demeuraient toutefois inédites. Au cours de la seconde guerre
mondiale, les ouvrages de Jean Damase, La Soldate, et Gisèle
d'Assailly, SSA, loueront le travail des Sections sanitaires
automobiles féminines et de leur fondatrice, Edmée Nicolle.
L'ouvrage écrit par Jean-Claude
Bonnaud, Mademoiselle Nicoll, aux éditions Food, n'est donc pas une
première en la matière. C'est avant tout un livre sur Edmée
Nicolle plus que sur ses SSA qui lui sont consubstantielles. Il
s'appuie presque exclusivement sur ses mémoires, allant de sa
naissance à son décès le 15 novembre 1999 à l'âge de 101 ans. On
peut s'étonner de l'orthographe Nicoll sur la couverture. C'est
effectivement l'orthographe qu'elle utilisa un temps aux États-Unis d'Amérique, mais, cette graphie, elle en fit usage que peu de temps. Ce
choix est dommage, car il ne permet pas forcément de retrouver son livre lorsqu'on le cherche sur le net.
Ce dernier intéressera surtout ceux qui
connaissent peu cette figure extraordinaire, hors du commun et emblématique qu'est Edmée Nicolle. Jean-Claude Bonnaud a
choisi de lui "donner la parole". C'est donc à travers
elle qu'il s'exprime, dans ces pages en partie romancées, "nourries
d'une bonne part d'interprétation de l'auteur". On retrouve les
faits les plus marquants de sa vie au fil des pages : l'éducation
britannique, la Grande Guerre, sa période américaine, la drôle de
guerre, son incarcération à Londres, l'interdiction de la SSA par
les Allemands, l'après-guerre entre Paris et le Loiret, etc.
Le chapitre consacré aux Rochambelles
est totalement hors sujet et l'on peut se demander ce qu'il vient faire là.
Par contre, le dernier chapitre nous dévoile la vie qu'elle mena
dans le Loiret longtemps après la guerre. Une période de sa vie
bien moins connue et documentée. Autre regret, que certaines sources capitales
n'aient pas été exploitées. Nous avons aussi remarqué que
l'auteur s'embrouille parfois entre les conductrices de la CRF et
celles de la SSA, ce qui tronque certaines informations.
Au final, un petit livre intéressant
qui permet, encore une fois, et sous un prisme différent, de
découvrir Edna Louise Nicolle, une vraie héroïne des deux guerres
mondiales.
Frédéric Pineau
BONNAUD (Jean-Claude), Mademoiselle Nicoll, Food éditions, 2024, 15 euros