lundi 18 mars 2019

COLLOQUE : Femmes de guerre, Vendredi 29 mars 2019






https://www.musee-armee.fr/au-programme/conferences-et-colloques/detail/femmes-de-guerre.html

 

Journée 1 - vendredi 29 mars 2019

Auditorium Austerlitz du musée de l'Armée
  • 9h00 : ouverture du colloque
  • 9h15 : allocution de Nathalie Grande, présidente de la Siéfar

Représentations légendaires de la femme de guerre

Présidente de séance : Nathalie Grande
  • 9h30-9h50 Caroline Fischer (université de Pau et des Pays de l'Adour) : Autour de Sémiramis
  • 9h50-10h10 Catherine Pascal (université Paul Valéry, Montpellier 3) ‘‘Des aigles toujours généreuses et toujours hardies’’ : les femmes de guerre dans La Galerie des femmes fortes du père Le Moyne
  • 10h10-10h30 Sophie Narowcki (responsable du fond d’estampes de la Bibliothèque de l’Arsenal et du service communication et conservation) : « Un cabinet de femmes fortes à l’Arsenal pour Marie de Cossé-Brissac, épouse du grand maître de l’Artillerie, Charles de La Porte, duc de La Meilleraye »
  • Discussion
Présidente de séance : Sandra Provini
  • 11h-11h20 Françoise Douay (université Paris 3) : Faits mémorables et vertus patriotiques de quelques femmes de guerre d’après La morale en action des pères Béranger et Guibaud
  • 11h20-11h40 Perry Gethner (université d’Oklahoma) : Les guerrière au théâtre. Dramaturges masculins et féminins
  • Discussion

Figures féminines et vertus guerrières

Président de séance : Antoine Roussel
  • 14h30-14h50 Véronique Garrigues (université de Toulouse Jean Jaurès) : Femmes fortes, capitainesses et amazones : la violence armée des femmes au XVIe-XVIIe siècle en Europe
  • 14h50-15h10 Emmanuèle Lesne-Jaffro (université Clermont Auvergne) : L’image de la femme de guerre dans les Mémoires de l’âge classique
  • 15h10-15h30 Debora Sicco (université de Turin) : La représentation des guerrières dans l’œuvre de Voltaire
  • Discussion
Présidente de séance : Ariane Ferry
  • 16h-16h30 Émilie Robbe (conservatrice du Département moderne du musée de l’Armée) : Guerrière ou soldat ? – les femmes sous l’uniforme dans les collections muséales
Réservation obligatoire : histoire@musee-armee.fr (à partir de votre messagerie)

Journée 2 - samedi 30 mars

Site de Reid Hall, grande salle

Femmes de pouvoir, cheffes de guerre

Présidente de séance : Julie Piront
  • 9h-9h20 Valérie Auclair  (université Paris-Est-Marne-la-Vallée) : Catherine de Médicis reine de guerre dans L’Histoire de la royne Arthemise
  • 9h20-9h40 Fanny Giraudier (université Lyon 2) : Une femme en guerre, Charlotte Brabantine de Nassau et le parti protestant pendant les dernières guerres de religion
  • Discussion 
Présidente de séance : Adeline Lionetto
  • 10h-10h20 Amélie Balayre (université d’Artois) : Une reine peut-elle diriger une guerre ? La réception de l’invincible armada et le pouvoir féminin d’Élizabeth dans les relations diplomatiques franco-anglaises (1588-1603)
  • 10h20-10h40 David Salomoni (università degli Studi Roma 3) : Caterina Sforza. L'éducation d'une femme guerrière du XVIe siècle
  • 10h40-11h Ekaterina Bulgakova (université d’État de Moscou Lomonossov ; Sorbonne Université) : Entre un manifeste politique et un jeu galant. L’image des femmes guerrières à la cour de Russie au XVIIIe siècle
  • Discussion

La femme de guerre : entre sources et représentation

Présidente de séance : Éliane Viennot
  • 15h30-15h50 Benoît Grenier (Université de Sherbrooke) : Des seigneuresses au combat ? Entre le mythe et l’action
  • 15h50-16h10 Claude Weber : « Les enjeux actuels des femmes en opération »
  • Discussion
  • 16h10-16h30 Conclusion du colloque par Agnès Cousson

dimanche 17 février 2019

LIVRE : GINETTE CALS de Valérie Biancarelli (mots-clés : résistance, FFI, libération, AFAT, Corse, peintre, artiste, portraitiste)

 Ce post sera court, mais nous tenions à le publier. La portraitiste Geneviève Girard, dite Ginette Cals, peintre, sculptrice et dessinatrice, toujours active à 97 ans, a eu une riche carrière d'artiste. Nous ne sommes pas ici pour en parler, d'ailleurs nous vous invitons à regarder sa page Wikipedia ICI
 ou tout simplement à acheter le livre qui lui est consacré (Ginette Cals, la passion du portrait), publié aux éditions Albania d'Ajaccio. 

 

Si nous parlons d'elle c'est que durant la guerre, Ginette Cals, prend une part active à la résistance. A la libération elle intègre les Forces françaises de l'intérieur (FFI). D'abord chargée d'assurer la création d'un nouveau titre de presse à Millau, Renaissance, par la suite, en octobre 1944, un état-major FFI basé à Rodez lui confie son 5e bureau de propagande « dont la mission est de créer un journal sur Rodez destiné aux soldats (il aura pour nom Résistance). A cette occasion, Ginette est intégrée au sein de cette nouvelle armée comme lieutenant « avec droit de solde et au tabac » ». Quelques mois plus tard, elle est en mission pour le médecin-capitaine des AFAT, Zimmer. Malgré la proposition du capitaine Zimmer, elle refuse d'intégrer les AFAT, préférant sans doute garder sa liberté. Elle a laissé de nombreux croquis de ces années de guerre, dont certains couvrent les pages du livre précité.

L'éditeur, lors de la réalisation du livre, nous avait contacté pour des informations sur le Médecin-capitaine Zimmer. Nous avions pu lui communiquer quelques bribes d'informations ainsi qu'une présentation des AFAT.

Un livre merveilleusement illustré au texte fouillé et riche d'informations sur l'artiste. Si vous aimez l'art du portrait des années 1940 à 1960, l'Afrique du nord, l'orientalisme, alors ce livre est vôtre.

BIANCARELLI (Valérie), Ginette Cals, Ajaccio, Albania, 2016, 440 pages

jeudi 24 janvier 2019

LIVRE : "FEMMES A BOCHES" par Emmanuel Debruyne (Mots-clés : Grande Guerre, prostitution, corps, occupation, belgique, viol)

 
Lorsque j'ai lu le titre « Femmes à Boches » ma première réaction, sans même réfléchir, fut de penser à la France de la seconde guerre mondiale et aux excès de la Libération, or je m'étais totalement fourvoyé. En parcourant le sous-titre du livre, j'ai aussitôt compris mon erreur d'appréciation : Occupation du corps féminin, dans la France et la Belgique de la Grande Guerre. Ce terme « d'occupation du corps féminin », me dérange grandement comme tout ces autres (genrée, genre, « possession sexuelle forcée des envahies »,  prostitutionnelle, etc.) qui sont dans l'air du temps et répondent à deux grands courants de recherche : l'histoire du genre et l'histoire de la sexualité ici dans un contexte de guerre et d'occupations militaires. Le terme « d'occupation du corps féminin » est aussi trompeur puisque l'on pourrait penser qu'il s'agit là d'un corps féminin militaire, mais bon passons, car à la lecture de la préface et de l'introduction l'ouvrage trouve tout son sens.




Ce bon gros livre de 456 pages, bien illustré et doté de deux cartes en couleur (découvertes seulement quand j'ai terminé le livre!), fait état de ces françaises et de ces belges, vivant ou travaillant en territoires occupés par les Allemands, qui on fait « l'expérience d'une relation intime avec un occupant » ou tout du moins "accusées de fréquenter l'ennemi ».

L'auteur, professeur à l'Université de Louvain (UCLouvain) où il enseigne l'histoire contemporaine, a choisi de les nommer de façon générique « femmes à Boches », sans pour autant adhérer à la teneur extrêmement péjorative de cette expression née sous l'occupation. Ce vocable regroupe d'ailleurs des profils de femmes bien différents et extrêmes : prostituées professionnelles, prostituées de circonstances ou occasionnelles, filles et femmes violées, jeunes filles ou femmes amoureuses, flirts, amours vénales, etc. Pour autant, on ne peut utiliser, comme l'indique Emmanuel Debruyne, le concept de« collaboration sexuelle » ou plus ironique de « collaboration horizontale » nés de la seconde guerre mondiale.

Amours vénales, violences sexuelles, etc., pourraient se limiter à de simples faits. Mais de ces faits découleront bien des problématiques dont le terme dépassera la fin de guerre. A ces amours répondent les maladies vénériennes et leur traitement forcé par les Allemands ; l'ostracisme et la violence des locaux, voire de la famille pendant et après la guerre ; le déchirement des couples d'avant-guerre après la libération qui voit le retour du guerrier ou du mari trompés à l'honneur bafoué ; les enfants nés du « boche » ; les mariages entre occupant et occupée, etc. Ce sont donc ces relations entre occupants et occupées que l'auteur a choisi de traiter au travers de sept chapitres, complétés d'un épilogue. Les trois premiers chapitres envisagent les relations sous la forme de trois grandes catégories : « les contacts forcés », les « contacts commerciaux » et les « contacts consensuels ». Les trois chapitres suivants examinent davantage les conséquences de ces relations sur les occupées, alors que le septième et dernier chapitre est l'objet de la sortie de guerre, et des règlements de comptes subis par ces femmes qui, par bien des aspects, rappellent ceux de la libération en fin de seconde guerre mondiale (tonte, mise à nu, lynchage, etc.), mais dans une moindre mesure.

Au final, les femmes à Boches, souvent perçues comme source de contamination, « disparaissent (…) presque entièrement de la mémoire, comme du reste de nombreux aspects de la première guerre mondiale, bientôt plongés dans l'ombre de la seconde. »

Ce travail merveilleux a mobilisé « une équipe d'étudiants qui ont pu travailler finement sur des micro-espaces, ceux d'un quartier de ville, d'un village, apportant des éléments démographiques irréfutables ». Le maître d'oeuvre, Emmanuel Debruyne, a compilé une grande partie des journaux intimes retrouvés à ce jour (…) tout en y ajoutant les archives plus classiques des administrations militaires et civiles, médicales et policières, religieuses et résistantes, en français, en flamand, en allemand. Rien échappe à son investigation rigoureuse : tracts, chansons populaires, graffitis, affiches, poèmes, dessins, photographies, injures...». Pour réaliser ce travail une seule personne n'aurait pu y suffire, dès lors qu'il aurait fallu parler plusieurs langues, éplucher des mètres linéaires d'archives et lire des dizaines de journaux intimes et cela dans trois pays (France, Belgique et Allemagne).

Cela va sans dire que « Femmes à Boche » est une première dans l'historiographie des femmes de la Grande Guerre, particulièrement du rapport occupants/occupées. Il est certain que ce livre fera date tant par sa qualité d'écriture, sa construction et la spécificité du sujet. Ce qui le dessert, le fait d'être un sujet méconnu du grand publique qui bien souvent ne s'intéresse qu'à ce qu'il connait.

Livre à posséder absolument pour ceux qui s'intéressent tant à l'histoire des femmes qu'à la vie à l'arrière durant la guerre.



DEBRUYNE (Emmanuel), « Femmes à Boches », Paris, Les Belles Lettres, 2018 (Prix : 25,90 €)