mardi 8 avril 2014

LE MONUMENT D'EDITH CAVELL AU JEU DE PAUME (Mots-clés : Edith Cavell, Louise Thuliez, Grande Guerre, héroïne, résistante)


Héroïne de la Grande Guerre, arrêtée en Belgique pour espionnage, puis fusillée par les Allemands après de longs mois de captivité, l'infirmière britannique miss Edith Cavell (1865-1915) a longtemps marqué les esprits par sa mort tragique. Entrainant une vague d'indignations et un large esprit de vengeance chez ses compariotes. En France, la Ligue des Droits de l'Homme organisa un rassemblement auquel s'associèrent le président de la République et les ambassadeurs des pays alliés.


Monument du Jeu de Paume, 1939 (coll. Pineau)

Moderne Jeanne d'Arc, des livres, des films, des pièces de théâtre, etc. lui sont consacrés. Plusieurs monuments en France, en Grande-Bretagne et en Belgique commémorent ou ont commémoré son calvaire.

A Paris, un monument à sa mémoire fut érigé dans les jardins des Tuileries contre le mur oriental du musée du Jeu de Paume. Avait-il un lien quelconque avec l'idée que proposa la femme de lettre Séverine d'ériger une statue où Edith Cavell serait représentée soignant un blessé allemand ?

Offert à la ville de Paris par le journal Le Matin, le monument de grande dimension fut inauguré le 12 juin 1920 par André Maginot (1877-1932). Sa réalisation en fut confiée au sculpteur albigeois Gabriel Edouard Baptiste Pech (1854-1930).





















Jusqu'en 1940 les associations patriotiques vinrent y déposer une gerbe. Au premier rang desquelles l'association de défense passive féminine des Assistantes du devoir national (ADN) d'Hélène Rodillon qui comptait parmi ses membres Louise Thuliez (1881-1966) compagne d'infortune d'Edith Cavell pendant la Grande Guerre.

Les dépôts de gerbes au bas du monument cessèrent avec l'entrée des Allemands dans Paris. Et pour cause, ils s'empressèrent de le détruire le 14 juin 1940, un jour seulement après qu'ils eurent pénétré dans Paris. Edith Cavell "symbole mort" de la "barbarie allemande" ne pouvait plus encore trôner dans une place dominée par ceux qu'elle avait combattus.

Depuis lors le monument détruit a sombré dans l'oubli. Pas de trace de sa présence au Jeu de Paume. D'ailleurs qui pourrait encore penser qu'à cet endroit s'élevait un monument commémoratif ? Quelques érudits, peut-être ? 

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