jeudi 13 juin 2019

Parole à : Marie-Ève STÉNUIT (Mots-clés : pirates, naufragés, guerrières, archéologie, combattants)


Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore :


Je suis historienne de l’art et archéologue (terrestre et sous-marine), un métier qui me comble non seulement à cause de mon amour pour l’histoire, mais aussi parce qu’il permet d’alterner travail intellectuel et travail physique. Cela me semble un bel équilibre. J’ai également choisi d’écrire des romans, poussée par l’envie de raconter des histoires avec cette grisante liberté que permet la fiction, en totale opposition à la rigueur nécessaire à l’écriture scientifique. Ici aussi, au fond, c’est une question d’équilibre.

 
(Photo Raphaël Gaillarde)


Depuis quand vous intéressez-vous à l'histoire des femmes ?


Depuis que j’ai pris conscience que pendant trop longtemps l’histoire a été écrite par les hommes et que ceux-ci, afin de conserver leurs privilèges auto-proclamés ou au service de l’une ou l’autre église ou courant philosophique, ont volontairement passé sous silence les actions des femmes remarquables de leur temps, ce qui nous prive de tout un pan de notre passé. Il y a heureusement de nos jours, en Europe comme aux États-Unis, une réaction salutaire à cette confiscation et cette réduction de l’histoire.


Faites-vous une différence entre les notions d'histoire des femmes, histoire de la femme et histoire du féminisme ?

Je ne traite en réalité aucun de ces trois thèmes à proprement parler. Je m’intéresse aux femmes dans l’histoire. À ces femmes, de toutes les classes sociales et de toutes les époques, qui ne se sont pas souciées des diktats pour vivre la vie qu’elles s’étaient choisies (dans le meilleur des cas) ou pour tenter de survivre (dans le pire et le plus fréquent des cas) dans un monde où il valait mieux être né avec des attributs masculins entre les jambes si l’on voulait échapper à la médiocrité et à la misère. Les héroïnes sur lesquelles je m’attarde ne sont pas des militantes, ce sont des battantes qui n’ont pas attendu l’éclosion des mouvements féministes pour exister. Je laisse à d’autres — qui font cela beaucoup mieux que je ne le ferais — le soin de retracer l’histoire du féminisme. 

Ces différentes approches sont complémentaires et me paraissent nécessaires en ce sens qu’elles permettent de toucher un public extrêmement varié. 

Possible représentation de María de Estrada à cheval dans la suite de Cortès (Lienzo de Tlaxcala, 1552). In Sténuit, Marie-Ève, Femmes en armes. Les guerrières de l’Histoire, Éditions du Trésor, 2018. 
 
Comment choisissez-vous les thèmes de vos ouvrages ?


L’élément déclencheur est toujours l’envie de raconter. Mes cinq romans ont des sujets très différents (ce qui, commercialement, n’est pas la meilleure idée qui soit car cela nécessite de la part du lecteur une certaine souplesse d’esprit, voire un esprit aventureux). Par contre, mes trois derniers livres, aux Éditions du Trésor, traitent tous de la thématique des femmes, pour la simple raison que plus je travaille sur ce thème, plus il me paraît riche et vaste. Mais qu’il s’agisse de fiction ou de récits historiques, il est impératif que les personnages me fassent rêver, me touchent ou me révulsent et, surtout, m’emmènent dans un monde différent du mien, loin de mon quotidien. C’est ce que j’attends de la littérature en tant que lectrice, c’est ce que j’essaie de faire en tant qu’auteure.




Lorsque vous avez écrit Femmes pirates et Femmes en armes n'aviez-vous pas peur des redondances avec d'autres ouvrages existants sur ces mêmes sujets ?

C’était effectivement le piège à éviter. Il est évident que je n’allais pas consacrer un chapitre de « Femmes en armes » à Jeanne d’Arc alors qu’il existe déjà des centaines de livres extrêmement bien documentés sur le sujet.
J’ai donc délibérément choisi de m’attacher à des femmes moins ou peu familières au grand public. Non seulement pour éviter les redondances mais aussi parce qu’une partie de mon plaisir est dans la recherche préalable à l’écriture. Je suis une chercheuse, j’adore le travail en archives, que je vois comme une sorte d’enquête policière (et qui n’a pas rêvé un jour, dans son enfance, d’être détective ?) Mais bien sûr, il faut aussi tenir compte des contraintes éditoriales et, dans une mesure raisonnable, des contingences commerciales en introduisant une ou deux figures plus connues. Pour les « Femmes pirates », par exemple, j’avais dans un premier temps décidé de ne pas évoquer Mary Read et Ann Bonny que je trouvais déjà suffisamment célèbres.
C’est à l’insistance de mon éditeur que je les ai finalement incluses, en essayant de trouver une approche personnelle qui m’a donné l’occasion de rétablir quelques faits et de faire un tri dans la vaste information (de qualité diverse) qui existe à leur sujet. Et mon éditeur avait raison : dans la plupart des interviews et des commentaires de lecteurs, ce sont elles qui ressortent…

Madame Ching
 
Comment vous est venue l'idée d'un livre sur les femmes naufragées ?

Parce que l’histoire des naufrages c’est en quelque sorte mon métier. Sans naufrage il n’y a pas d’épaves, donc pas d’archéologie sous-marine. J’ai lu dans ma carrière des centaines de récits de naufrages dont il ressort que ce sont les femmes (et les enfants) qui paient le plus lourd tribut à la mer dans ces circonstances. (« Les femmes et les enfants d’abord » est un mythe, une consigne qui ne date que du milieu du 19ème siècle.) J’ai ainsi découvert de passionnants récits de survie écrits par les intéressées elles-mêmes, après des séjours mouvementés dans des zones inexplorées en leur temps, auprès de tribus africaines ou chez les aborigènes par exemple. Pour celles qui ne s’en sont pas sorties vivantes, il existe des témoignages qui relatent leurs souffrances et leurs aventures. Saviez-vous qu’il y avait une femme sur le radeau de la Méduse ? Peu de gens le savent, moins encore savent pourquoi elle était là (et on n’est même pas sûrs de son nom). Tout cela m’a paru valoir un livre en hommage à ces héroïnes malgré elles, pour la plupart oubliées.

Ann Saunders égorgeant le cadavre de son fiancé pour boire son sang. In Sténuit, Marie-Ève, Une femme à la mer ! Aventures de femmes naufragées, Éditions du Trésor, 2017.


De toutes ces femmes avec qui vous avez cheminé dans vos livres, laquelle vous ressemble le plus ?

Parmi mes personnages de fiction, c’est la narratrice de « Un éclat de vie », un petit roman dynamique et rempli d’autodérision qui repose en partie sur des expériences personnelles. Quant aux héroïnes du monde réel, celle avec qui je me sens le plus d’affinités (à l’exception de sa ferveur religieuse qui m’est tout à fait étrangère) est peut-être Mathilde de Canossa, une femme libre et grande stratège du Moyen Âge, discrète, patiente, diplomate et bigrement efficace.


La cantinière du radeau de la Méduse. Gravure de Antoine Alphonse Montfort. In Sténuit, Marie-Ève, Une femme à la mer ! Aventures de femmes naufragées, Éditions du Trésor, 2017.

 

Et laquelle vous a le plus marqué ?

J’ai toujours été émue par le parcours de Louise Antonini et de Julienne David, qui l’une et l’autre s’étaient engagées sur des frégates corsaires en se faisant passer pour des hommes, et cela après un parcours déjà extraordinairement aventureux.
Sans se connaître, elles ont vécu des destins très semblables : après que leurs navires aient été capturés par les Anglais, elles ont subi l’enfermement sur les sinistres pontons du sud de l’Angleterre. Louise a passé dix-huit mois et Julienne huit ans, dans ces prisons flottantes sans jamais songer à révéler leur véritable identité aux autorités, ce qui leur aurait permis de bénéficier de conditions d’emprisonnement plus clémentes. Elles se sont éteintes toutes les deux, à dix-huit ans d’intervalle, à l’Hôtel Dieu de Nantes, respectivement en 1861 et en 1843.

Quels auteurs vous ont le plus influencé dans votre parcours d'écrivain ?
Dans le plus grand désordre : Boris Vian, André Malraux, Stendhal, Marguerite Duras, Arundhati Roy, Joseph Conrad, Jaume Cabré, Alexandre Dumas, Arturo Pérez-Reverte, etc.






Allez-vous continuer à écrire sur les femmes, ou est-ce une parenthèse dans votre oeuvre littéraire ?

Je n’avais pas du tout prévu d’écrire plusieurs livres sur ce sujet mais plus je cherche, plus je trouve matière à raconter. J’ai du mal à résister. Après les femmes pirates, mon éditeur m’avait demandé un ouvrage sur « les aventurières ». C’est un sujet très large, sur lequel il existe déjà des centaines de publications (où l’on retrouve souvent les mêmes héroïnes, souvent des voyageuses). En voulant être moins générale et faire quelque chose de différent, j’ai abouti aux naufragées puis aux femmes en armes, pour lesquelles il y avait largement de quoi faire un volume entier (et bien plus, il m’a fallu me restreindre). 
 J’ai encore un quatrième livre en préparation sur le thème des femmes, consacré celui-ci aux « pionnières » dans des domaines aussi divers que la plongée pieds-lourds, la chasse à la baleine, l’ascension en ballon ou la découverte du parachute (mon sommaire n’est pas encore terminé...). Après cela, j’aimerais retourner à mes romans.




BIBLIOGRAPHIE

Romans

Les Frères Y, Le Castor Astral (Escales du Nord), 2005. Réédition augmentée en 2017 sous le titre : La véritable histoire des Frères Y, Le Castor Astral, 2017
La Veuve du gouverneur, Le Castor Astral (Escales des Lettres), 2007
Le Bataillon des bronzes, Le Castor Astral (Escales des Lettres), 2008
Un Éclat de vie, Le Castor Astral (Escales des Lettres), 2011
Le Tombeau du guerrier, Serge Safran éditeur, 2012

 
Récits historiques


Femmes pirates. Les écumeuses des mers, Éditions du Trésor, 2015
Une Femme à la mer ! Aventures de femmes naufragées, Éditions du Trésor, 2017
Femmes en armes. Les guerrières de l’Histoire, Éditions du Trésor, 2018

 





jeudi 6 juin 2019

LIVRE : LES FEMMES DANS LE MONDE COMBATTANT par Marianne Leclère (Mots-clés : combattantes, guerre)


Ce petit livret de 55 pages nous paressait fort prometteur, mais, l'ayant lu et parcouru, je me demande s'il était besoin de le publier, tant il en existe d'autres de bien meilleure substance.

On se pose très rapidement la question de savoir si cet ouvrage parle des Françaises ou des étrangères, ce qui n'est pas toujours très clair. Or, la collection s'intitulant Les Collections du citoyen, il nous a semblé évident que la France en est bien la cible.



L'approche générale n'est pas réellement thématique, pas tout à fait chronologique, en fait un peu brouillonne et fourre-tout, voire confuse. Approche qui est fortement féministe, comme l'attestent la biographie et la sitographie. D'ailleurs, on peut se demander ce que viennent faire des figures de la sphère féministe comme Olympe de Gouges, Hubertine Auclert, Charlotte Corday ou Flora Tristan dans un ouvrage intitulé Les Femmes dans le monde combattant. Il en est de même pour Françoise Légey dont la place se trouve dans un livre sur l'Afrique du Nord et non en ces pages.

Nous avons l'impression que ce livre est le fruit de non spécialistes ayant voulu s'affranchir des conseils d'historiens experts. A titre d'exemples, quelle surprise en page 44 de lire « on a peu d'informations sur les femmes militaires engagées dans ce conflit (le guerre d'Algérie) ». Il aurait suffi à l'auteur de lire le post que nous avions écrit sur les ouvrages consacrés aux femmes dans la guerre d'Algérie pour s'en convaincre du contraire ; page 23 l'utilisation d'une photo d'auxiliaires féminines du 3e Reich pour illustrer les Volontaires françaises de la France libre est un comble ; etc.

Alors que l'on voit s'égrener les inévitables noms de Germaine Tillon, Geneviève de Gaulle-Antonioz, Lucie Aubrac, Joséphine Baker, Marlen (avec un E) Dietrich... nous aurions aimé lire ceux d'Hélène Rodillon, d'Edmée Nicolle, d'Hélène Terré, d'Aline Lerouge, de Florence Conrad, d'Émilienne Moreau, de Jeanne Macherez, des médecins AFAT de la seconde guerre mondiale ou encore de ces femmes tombées au champ d'honneur au cours des deux guerre mondiales. Malheureusement, elles ne sont pas au rendez-vous. Pourtant, elles représentent la personnification même des « femmes dans le monde combattant ». Les livres sont là, ils parlent. Les témoignages aussi.

Au final, une vision par trop féministe (et très axée gender study) de l'histoire des femmes est souvent une histoire tronquée et « sugcée » de sa substantifique moelle.

J'invite l'auteur à parcourir les très nombreux livres sur le sujet pour se rendre compte d'une autre réalité : Héroïnes de la Grande Guerre, Femmes dans la guerre, Femmes en guerre, Les Femmes au service de la France, La femme au temps de la guerre de 14, La Femme militaire, Les Femmes dans la guerre, etc. Sans compter les récits qui se comptent par centaines pour la France seule.

Ce livre n'est pas à la hauteur de ses ambitions, et ceci est bien dommage.


LECLERE (Marianne), Les Femmes dans le monde combattant, Paris, Nane éditions, 2019 (Prix : 9 €)

mardi 21 mai 2019

LIVRE : FEMMES EN ARMES : LES GUERRIÈRES DE L’HISTOIRE de Marie-Ève Sténuit (Mots-clés : infanterie, cavalerie, Belgique, France, Angleterre, Russie, Espagne, Chine, Proche-Orient, Amérique)

 Dans l’introduction, l’auteur répond à une question essentielle : « Quelles furent les motivations de ces femmes ? La misère le plus souvent, le goût de l’aventure parfois, la vengeance dans certains cas, ou simplement l’envie d’échapper à un destin tout tracé qui ne convenait pas à leur tempérament ».
D’autre part, elle avance le cas d’« Anne Chamberlyne, fille unique d’un homme de loi londonien, qu’aucune nécessité sociale ou économique n’a poussée à suivre son frère pour participer à la bataille de Beachy Head contre les Français en 1690. Six heures de bataille navale dont elle sortit indemne… pour mourir en couches l’année suivante ».



Sont présentées dans cet ouvrage: Fu Hao, Mathilde de Toscane, Florine de Bourgogne et sœur Marguerite deux héroïnes des croisades, María de Estrada et les conquistadoras de Cortés, Philippine-Christine de Lalaing, Catalina de Erauso, Hannah Snell, Thérèse Figueur et Nadejda Dourova.
Fu Hao () fut l’une des épouses officielles de Wu Ding, le vingt-deuxième roi de la dynastie Shang ; leur tombe a été retrouvée dans la région d’Anyang au nord de la province du Henan traversée par le Fleuve jaune. Elle vécut vers 1250-1200 avant notre ère ; elle devint grande prêtresse et commandant en chef des armées. A ce titre, elle mena les troupes Shang à la victoire dans la campagne contre les tribus barbares environnantes. Ajoutons que Mulan (Huā mùlán 花木en chinois) dite la "Jeanne d’Arc chinoise" est par contre le fruit d’une création littéraire. La première version de cette légende date de la période de 420 à 589, dite des dynasties du Nord et du Sud, elle fut popularisée par Xu Wei sous la dynastie des Ming au XVIe siècle, sous une forme théâtrale.

Mathilde de Toscane est, par sa mère, la petite-fille de Frédéric III, comte de Bar et duc de Haute-Lotharingie (espace qui allait devenir la Lorraine). L’empereur Henri III se rend en Toscane et emmène Mathilde et sa mère Béatrice de Bar avec lui en Allemagne où elles restent retenues à la cour impériale durant une année, n’étant libérées que par le fait que Henri III meurt en 1056. Mathilde épouse Godefroid III de Basse-Lotharingie ou Godefroid III d'Ardenne ; dans la Querelle des investitures, elle prend le parti des papes et accueille Grégoire VII dans son château de Canossa où l’empereur Henri IV va faire amende honorable en 1077. Toutefois dans les années 1080, le conflit devient armé entre les partisans du pape et ceux de l’empereur, aussi Mathilde devient-elle stratège militaire. Notons que Mathilde « est en effet la fondatrice de l’abbaye d’Orval, située dans l’actuelle province belge du Luxembourg, où se brasse la célèbre trappiste qui fait aujourd’hui la renommée du monastère ».

Florine de Bourgogne est la fille d'Eudes I de Bourgogne et Sybille de Bourgogne, née en 1083, elle meurt en 1097, sans avoir tiré l’épée, tuée par les Turcs en Cappadoce, avec plus de mille guerriers danois dont son époux Sven le Croisé. Parmi les héroïnes des croisades, on relève le nom d’Ida de Cham, la margravine d’Autriche ; veuve de Léopold II d’Autriche, elle est présente, avec Guillaume IX d’Aquitaine (grand-père d’Aliénor), Hugues de Vermandois et Welf Ier de Bavière au tout début du XIIe siècle lorsqu’une des armées croisées est décimée à Ereğli par les Seldjoukides. Aliénor d’Aquitaine et Louis VII, son premier époux, roi de France sont présents à la seconde Croisade. « Nicétas Choniatès signale la présence dans l’armée de Conrad III de Hohenstaufen, empereur du Saint Empire romain germanique, d’un bataillon féminin composé de cavalières armées de javelots et de haches. Il est commandé par une femme à la rutilante parure, surnommée "la dame aux jambes d’or" ».

Nous avons la trace de véritables combattantes chez des chroniqueurs musulmans (et marginalement par l’archéologie), mais la seule dont on connaisse le nom et la vie aventureuse est la sœur Marguerite. La concernant des vers ont été rédigés après qu'elle eut été convaincue d’intégrer le monastère de Montreuil-sous-Laon. En 1301 des dames génoises se sont portées volontaires pour aller reconquérir la Terre sainte, vidée de toute présence latine depuis dix ans ; elles se sont faites fabriquées des cuirasses adaptées pour cela, mais celles-ci n’ont jamais servi. 
Le 5 octobre 1581, le siège de Tournai commence. Les habitants de la cité sont passés majoritairement à la Réforme accueillant des protestants wallons sujets à persécutions. Philippine-Christine de Lalaing, en l’absence de son mari gouverneur de la ville, va défendre Tournai face aux Espagnols commandés par Alexandre Farnèse. 
 
Autre figure, celle de Catalina de Erauso qui connaît une vie aventureuse dans les colonies espagnoles d’Amérique au début du XVIIe siècle, tuant notamment en duel un nombre non négligeable de personnes.

On poursuit avec Hannah Snell : « Le 27 novembre 1745, désormais sans revenus, sans époux et sans enfant, Hannah Snell, âgée de 22 ans, emprunte un costume à son beau-frère et, s’attribuant également son identité, se rend à Coventry pour s’engager dans le 6e régiment d’infanterie de Warwick (le célèbre « Sixth » du colonel John Guise) sous le nom de James Gray ».

Passons à Thérèse Figueur qui n’est autre que la véritable Madame Sans-Gêne. Elle n’a pourtant rien à voir avec la truculente Maréchale Lefebvre, que Victorien Sardou a choisi, au mépris de l’Histoire, de populariser dans une pièce. La nôtre est une Bourguignonne née le 17 janvier 1774 à Talmay et morte le 4 janvier 1861, à l’hospice des Petits-Ménages dans le 7e arrondissement de Paris. Officiellement cantinière, elle combat à plusieurs occasions dans les guerres de la Révolution et de l’Empire.

Plus à l'est, Nadejda Dourova est la première femme officier de cavalerie russe. En 1807, alors qu’elle est âgée de vingt-quatre ans, elle s'habille en garçon et, sous le pseudonyme d'Alexandre Sokolov, combat les armées napoléoniennes jusqu’à la fin 1812. 
 
Nous parcourons agréablement ces récits hauts en couleurs, qu'un carnet central accompagne d'illustrations peu connues, variées et bien choisies.
 

STENUIT (Marie-Ève), Femmes en armes : les guerrières de l’histoire, éditions du Trésor, 2019, 187 pages

Alain CHIRON


LIVRE : FEMMES PIRATES : LES ÉCUMEUSES DES MERS de Marie-Ève Sténuit (Mots-clés : pirates, corsaires, France, Angleterre, Chine)

 « Marie-Eve Sténuit est née à Uccle, une commune de Bruxelles, le 15 mars 1955. Elle a étudié l’Histoire de l’Art et l’Archéologie à l’Université Libre de Bruxelles, ville où elle réside principalement aujourd’hui. Elle exerce la profession d’archéologue et d’écrivain. Ses activités scientifiques l’ont conduite pendant plus de vingt ans en Syrie, chaque année. Elle est également co-directrice du GRASP (Groupe de Recherche Archéologique Sous-Marine Post-Médiévale) créé par son père, Robert Sténuit. Elle séjourne régulièrement en Indonésie, sur l’île de Bali, par amour pour l’art et la culture... » (Source : IGGY Book)

L'auteur (DR)


De l’introduction de Femmes pirates : les écumeuses des mers, on retiendra particulièrement :
« Les femmes qui sont entrées en piraterie y sont venues pour les mêmes raisons que les hommes : la cupidité ou la misère, la soif d’aventures, la fuite d’un monde trop étroit pour leurs expectations. (…) . Dans la majorité des cas, les femmes pirates ont mené leur carrière dans l’anonymat, sous des noms d’emprunt et dans des habits d’homme. En piraterie comme ailleurs, le genre féminin fut bien souvent un handicap ».





L’ouvrage de Marie-Eve Sténuit évoque donc longuement plusieurs destins de femmes pirates qui opérèrent en divers océans : Alfhilde de Gotland, Jeanne de Belleville, Lady Killigrew, Mary Read, Anne Bonny, Rose Bregeon, Louise Antonini, Julienne David, Chingh Yih Saou, Laï Cho San, Marie-Anne Dieuleveult, Maria Cobham, Mesdames Pease n°1 et Pease n°2.

D’autres figures émergent avec des développements plus courts dont l’un rappelle le sort tragique des boat-peoples vietnamiens à la fin des années 1970.

Par ailleurs, certaines d’entre-elles ont été prétextes à des fictions comme Jeanne de Belleville (un roman historique par Élie Durel, publié en 2018) ou Chingh Yih Saou soit en pinyin Cheng I Sao et avec les idéogrammes 鄭一嫂 (une BD en six tomes Shi Xiu, reine des pirates, parue tout au long des années 2010). Cette dernière est le personnage principal du film, sorti au cinéma en décembre 2004, En chantant derrière les paravents du réalisateur italien Ermanno Olmi.

Alfhilde de Gotland est une femme légendaire (et l’auteur ne prend pas le risque de dater les aventures qui auraient pu arriver à cette Scandinave) qui n’est historiquement évoquée que dans une source unique tardive du XIIIe siècle, la Gesta Danorum du moine Saxo Grammaticus. Le récit de la vie de cette princesse rappelle qu’il y avait des combattantes sur les drakkars. « En 885, lorsque plus de sept cents bateaux remontèrent la Seine jusqu’à Paris, mille femmes environ se trouvaient parmi les guerriers ». D’autre part, on sait que « des Skoldjmoer ou vierges au bouclier combattirent sur mer à la bataille de Bravalla qui opposa, vers 735, les grands chefs danois et suédois ».

Jeanne de Belleville est une femme originaire du Bas-Poitou qui a épousé le Breton Olivier IV de Clisson. Sur ordre du roi de France Philippe V, le mari de Jeanne de Belleville est tombé dans un piège et a été traîtreusement exécuté. Cette dernière arme trois navires afin de s’attaquer aux bateaux de commerce français. On est alors à l’époque de la guerre des deux Jeanne, un conflit de succession , touchant le duché de Bretagne, qui dure de 1341 à  1364, alors que Jeanne de Belleville est du côté du prétendant soutenu par les Anglais, du Guesclin réalise ses premiers exploits guerriers dans le camp adverse. « Au grand maximum, son activité de pirate a duré un an, de l’automne 1343 à fin 1344, probablement moins, mais ces quelques mois suffirent à la faire entrer dans l’Histoire ».

Lady Killigrew, Mary Read, Anne Bonny sont des Anglaises qui vécurent au XVIIe ou au début du XVIIIe siècle. La première fut sûrement plus receleuse que pirate. La seconde avait été soldat dans l’armée britannique lors de la guerre de Succession d’Espagne, avant de devenir pirate aux côtés d’Anne Bonny dans l’équipage de John Rackham. Rose Bregeon, native de Saint-Malo, fut corsaire dans les années 1770. Louise Antonini était la fille d’un patriote corse qui avait combattu aux côtés de Pascal Paoli (figure de l'indépendance Corse) ; corsaire, elle est faite prisonnière aux Antilles par les Anglais. Après un séjour forcé au Royaume-Uni, elle rentre en France et devient soldat des armées de la Révolution et de l’Empire. On voit à travers ces exemples que se côtoient des figures connues et d’autres sorties de l’ombre.

On apprécie que le cas de deux Chinoises soit évoqué, Chingh Yih Saou et Laï Cho San. Ces deux-là opérèrent à un siècle de distance et la seconde a servi de modèle pour la Femme dragon, l'un des personnages de la série Terry et les pirates de Milton Caniff. L’iconographie est limitée à des cartes géographiques permettant de voir dans quel secteur maritimes agirent ces femmes pirates ou corsaires.

STENUIT (Marie-Ève), Femmes pirates : les écumeuses des mers, éditions du Trésor, 2015, 185 pages.

Alain CHIRON

samedi 13 avril 2019

LIVRE, LE PEROU S'INVITE : FEMMES EN ARMES, itinéraires de combattantes au Pérou (1980-2010) de Camille Boutron (Mots-clés : Pérou, Combattantes, terrorisme, guérilla, lutte armée)

Les actions du mouvement péruvien dit du Sentier lumineux et celles du Mouvement révolutionnaire de Tupac Amaru (MRTA) ont bien souvent fait l’actualité des années 1980 à l’an 2000. Au MRTA, fondé en 1982, on doit en particulier la prise d’otages à l’ambassade japonaise de Lima où 500 personnes furent retenues, les dernières étant libérées quasiment deux mois après leur incarcération. Lors de l’assaut final, tous les membres du commando du MRTA ont trouvé la mort, y compris ceux qui se rendaient.



L’autre mouvement politico-militaire étudié est donc le Parti communiste péruvien Sentier lumineux (PCPSL) qui est d’inspiration maoïste et guevariste et descendant du Parti communiste péruvien (PCP). Il entre en lutte armée en 1980. La majorité de ses membres abandonnera la lutte armée qu’au milieu des années 1990. Repliés dans une partie de la jungle péruvienne, au sud-est du pays, un petit nombre d'entre-eux continue toutefois la « lutte armée ». Ainsi, en juin 2018 quatre policiers sont tués dans une embuscade, tandis qu'une autre attaque, non loin de Lima, cause six blessés parmi les membres d' un comité d’auto-défense.

Camille Boutron s’intéresse également aux femmes actives dans le contre-terrorisme. Dans la mesure où les autorités péruviennes ne veulent pas mettre en avant les succès remportés contre la guérilla par des femmes. De fait, l'auteur a une bien des difficultés à retrouver ces dernières afin d’en évaluer le nombre. L’auteur réfléchit sur l’intensité de la violence exercée par ces femmes (MRTA et PCPSL), qui ne répugnent pas à exécuter des civils, et les conséquences sociétales de leur engagement armé.

Pour mieux comprendre les motivations qui ont poussé ces militantes politiques à entrer dans la « lutte armée », Camille Boutron est allée interviewer des militantes du MRTA et du PCPSL dans les prisons où elles sont incarcérées. Pour cette raison, la condition carcérale des femmes en prison est méticuleusement étudiée dans toutes ses dimensions (familiales et amoureuses comprises) ; certaines poursuivent un engagement militant derrière les barreaux, mais de façons diverses, entre autre en se battant pour l’amélioration de leurs conditions de détention, mais aussi celle des femmes de droit commun.




 Ces militantes trouvent que les Péruviennes sont doublement exploitées en tant que travailleuses et en tant que membres du sexe dit faible. Si ces deux mouvements ont pris largement en compte les revendications féministes par contre ils n’ont pas toléré que des combats pacifiques féministes se développent en dehors de leurs initiatives allant jusqu’à assassiner certaines des femmes qui menaient ces luttes.

 Les femmes sendéristes ont été considérablement mises en avant par leur mouvement, à l'exemple d'Augusta de la Torre, du PCPSL, peut-être assassinée par une rivale. Dès lors, une légende révolutionnaire dorée se construit autour de sa personne (page 140). La mémoire entretenue autour de ces combattantes révolutionnaires est largement relayée par la presse locale qui d'ailleurs joue tant sur le registre de la fascination que de la répulsion.

Notons enfin que l’image de propagande utilisée pour la couverture du livre provient de l'un des rares musées du terrorisme situé au Pérou.  

BOUTRON (Camille), Femmes en armes: Itinéraires de combattantes au Pérou, 1980-2010, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019, 221 p.

Alain CHIRON

lundi 1 avril 2019

LIVRE : MADELEINE PAULIAC, L'INSOUMISE de Philippe Maynial (Mots-clés : Croix-Rouge, AFAT, rapatriement, conductrices, déportés, prisonniers, viol, médecin, Pologne, Russie)

 Dans les premières pages de Madeleine Pauliac, l'insoumise nous pouvons lire « Madeleine sera pour les femmes de l'Escadron bleu un phare dans la nuit, une figure tutélaire, une amie précieuse (...) » elle « avait peut-être, en plus, une aura qui poussait chacun à la suivre, à lui faire confiance, à se reposer sur elle. »


 

Qu'était l'escadron bleu ? Une formation automobile de la Croix-Rouge française formée de conductrices ambulancières, vêtues d'un seyant uniforme gris-bleu aux insignes bleu de ciel et à la roue dentée en cannetille argentée, et d'infirmières. A 32 ans, Madeleine Pauliac (1912-1946) était médecin-lieutenant AFAT (Auxiliaires féminines de l'armée de terre), c'est à dire qu'à la différence des autres personnels de l'escadron elle avait le statut de militaire. Elle signa son engagement dans l'armée de terre le 30 novembre 1944.

La mission qui s'offre aux jeunes femmes de l'escadron est dantesque, faire revenir le plus possible de prisonniers, déportés et déplacés français en France avant que le rideau ne tombe sur les territoires sous contrôle russe.

« Toutes ces femmes sont jeunes, entre vingt-deux et vingt-neuf ans (…) à la fois féminines et décidées, souriantes et solides ». Comme le précise avec justesse Philippe Maynial, le neveu de Madeleine, « c'est le début d'une incroyable fraternité » dont témoignent les échanges épistolaires entre Madeleine et les conductrices de l'escadron bleu, mais « c'est aussi le début d'une épopée héroïque pour ces femmes, et Madeleine Pauliac la première, qui vont affronter un territoire des plus hostiles (Allemagne, Pologne, Russie), contrôlé par une armée violente (soviétique) et sûre de son bon droit, celui de piller, de tuer, de violer, de se « payer », en fait, des années de guerre et de privation. »

Au travers de Madeleine Pauliac c'est le destin et l'histoire des filles de l'escadron qui transpire « compatriotes perdus dans une tourmente indescriptible », celle du chaos de la fin de la guerre, de millions d'hommes, de femmes et d'enfants « libres » mais perdus, déboussolés, hagards, malades, mourants, traumatisés par de longues, d'interminables années de souffrance et de privations.

Et cela semble ne pas suffire. A la barbarie nazie c'est substituée celle des communistes. « Quand ils ont fini de violer, les Russes pillent et détruisent tout. » Ainsi Madeleine relate dans un rapport à l'intention de Roger Garreau (délégué du gouvernement provisoire en URSS de 1942 à 1945) le fait suivant : « Le lendemain de mon arrivée, une délégation de cinq bonnes soeurs catholiques allemandes travaillant à la Croix-Rouge est venue me trouver. Elles étaient vingt-cinq, quinze sont mortes, violées et tuées par les Russes. Cinq d'entre elles sont enceintes ; elles venaient me demander conseil et me parler avortement en termes voilés. » Cette terrible histoire n'est pas unique dans le livre et un autre fait, tout aussi douloureux, touchant cette fois des religieuses polonaises,  a inspiré le film Les Innocentes d'Anne Fontaine, sorti en salle le 10 février 2016, qui relate le travail de Madeleine et de l'escadron au travers de ce fait tragique (voir la bande annonce).


Les filles menèrent leurs missions en Pologne et en Russie jusqu'au bout malgré l'insoutenable tableau de misère que fut la libération des camps. Le choc fut moral et brutal. Simone Saint-Olive - Sainto -, l'une des « bleues » notera « serons-nous marquées à vie ?... c'est possible. » Les proches de Cécile Stiffler, autre « bleue », « raconteront plus tard, bien des années après la fin de la guerre, (…) à quel point elle a changé pendant ces mois de missions éprouvantes. Elle qui était toujours pleine de joie et souriante est revenue triste et réservée. »

La mort brutale et prématurée de Madeleine Pauliac ne marquera pas la fin d'une histoire, car une fraternité d'âme a perduré jusqu'à nos jours entre les « bleues » et leurs descendants.

Paru pour la première fois en 2017 chez XO, Madeleine Pauliac, l'insoumise est réédité chez Tallandier en poche. La plume souple et agréable de Philippe Maynial en fait un livre précieux, un témoignage pour l'histoire qui met un peu plus en lumière le travail héroïque de ces femmes modestes dans un contexte d'une violence inouïe.

MAYNIAL (Philippe), Madeleine Pauliac l'insoumise, Paris, Texto, Tallandier, 9,5 €



A lire ou à voir également sur l'escadron bleu :


MENAGER (Dominique), L'Escadron bleu, mai 1945-juillet 1945, Tours, éditions Le Roseau, 2003




FONTAINE (Anne), Les Innocentes (film), 2016, DVD et Blue-ray,

lundi 18 mars 2019

COLLOQUE : Femmes de guerre, Vendredi 29 mars 2019






https://www.musee-armee.fr/au-programme/conferences-et-colloques/detail/femmes-de-guerre.html

 

Journée 1 - vendredi 29 mars 2019

Auditorium Austerlitz du musée de l'Armée
  • 9h00 : ouverture du colloque
  • 9h15 : allocution de Nathalie Grande, présidente de la Siéfar

Représentations légendaires de la femme de guerre

Présidente de séance : Nathalie Grande
  • 9h30-9h50 Caroline Fischer (université de Pau et des Pays de l'Adour) : Autour de Sémiramis
  • 9h50-10h10 Catherine Pascal (université Paul Valéry, Montpellier 3) ‘‘Des aigles toujours généreuses et toujours hardies’’ : les femmes de guerre dans La Galerie des femmes fortes du père Le Moyne
  • 10h10-10h30 Sophie Narowcki (responsable du fond d’estampes de la Bibliothèque de l’Arsenal et du service communication et conservation) : « Un cabinet de femmes fortes à l’Arsenal pour Marie de Cossé-Brissac, épouse du grand maître de l’Artillerie, Charles de La Porte, duc de La Meilleraye »
  • Discussion
Présidente de séance : Sandra Provini
  • 11h-11h20 Françoise Douay (université Paris 3) : Faits mémorables et vertus patriotiques de quelques femmes de guerre d’après La morale en action des pères Béranger et Guibaud
  • 11h20-11h40 Perry Gethner (université d’Oklahoma) : Les guerrière au théâtre. Dramaturges masculins et féminins
  • Discussion

Figures féminines et vertus guerrières

Président de séance : Antoine Roussel
  • 14h30-14h50 Véronique Garrigues (université de Toulouse Jean Jaurès) : Femmes fortes, capitainesses et amazones : la violence armée des femmes au XVIe-XVIIe siècle en Europe
  • 14h50-15h10 Emmanuèle Lesne-Jaffro (université Clermont Auvergne) : L’image de la femme de guerre dans les Mémoires de l’âge classique
  • 15h10-15h30 Debora Sicco (université de Turin) : La représentation des guerrières dans l’œuvre de Voltaire
  • Discussion
Présidente de séance : Ariane Ferry
  • 16h-16h30 Émilie Robbe (conservatrice du Département moderne du musée de l’Armée) : Guerrière ou soldat ? – les femmes sous l’uniforme dans les collections muséales
Réservation obligatoire : histoire@musee-armee.fr (à partir de votre messagerie)

Journée 2 - samedi 30 mars

Site de Reid Hall, grande salle

Femmes de pouvoir, cheffes de guerre

Présidente de séance : Julie Piront
  • 9h-9h20 Valérie Auclair  (université Paris-Est-Marne-la-Vallée) : Catherine de Médicis reine de guerre dans L’Histoire de la royne Arthemise
  • 9h20-9h40 Fanny Giraudier (université Lyon 2) : Une femme en guerre, Charlotte Brabantine de Nassau et le parti protestant pendant les dernières guerres de religion
  • Discussion 
Présidente de séance : Adeline Lionetto
  • 10h-10h20 Amélie Balayre (université d’Artois) : Une reine peut-elle diriger une guerre ? La réception de l’invincible armada et le pouvoir féminin d’Élizabeth dans les relations diplomatiques franco-anglaises (1588-1603)
  • 10h20-10h40 David Salomoni (università degli Studi Roma 3) : Caterina Sforza. L'éducation d'une femme guerrière du XVIe siècle
  • 10h40-11h Ekaterina Bulgakova (université d’État de Moscou Lomonossov ; Sorbonne Université) : Entre un manifeste politique et un jeu galant. L’image des femmes guerrières à la cour de Russie au XVIIIe siècle
  • Discussion

La femme de guerre : entre sources et représentation

Présidente de séance : Éliane Viennot
  • 15h30-15h50 Benoît Grenier (Université de Sherbrooke) : Des seigneuresses au combat ? Entre le mythe et l’action
  • 15h50-16h10 Claude Weber : « Les enjeux actuels des femmes en opération »
  • Discussion
  • 16h10-16h30 Conclusion du colloque par Agnès Cousson