jeudi 8 juin 2023

Musée de la Grande Guerre de Meaux : INFIRMIERES, HEROINES DE LA GRANDE GUERRE / EXPOSITION du 08.04 au 31.12.2023




 L’évocation de la Grande Guerre renvoie le plus souvent aux poilus dans les tranchées, aux souffrances et aux morts. Il est peu question des soignants et notamment des infirmières qui, bénévoles ou salariées, civiles ou militaires, qualifiées ou simplement sensibilisées, ont œuvré au service des victimes.



Cette nouvelle exposition du musée de la Grande Guerre a pour ambition de témoigner de l’engagement et de la participation des infirmières parmi les personnels de santé mobilisés sur les fronts mais aussi à l’arrière auprès des populations civiles.

Plus de cent ans après, il est difficile d’imaginer les infirmières dans leur contexte, tant nous avons tendance à leur appliquer nos modèles d’aujourd’hui.
C’est toute la volonté de l’exposition qui expliquera comment la Première Guerre mondiale a été un tournant majeur pour la profession. En effet, le conflit établit les premiers pas vers la reconnaissance d’un métier véritable alliant connaissances médicales et savoirs des corps, même si les infirmières restent plus reconnues pour leur dévouement que pour leurs compétences.







 

Cette exposition a reçu le label «Exposition d’intérêt national» décerné par le ministère de la Culture.

 

TARIF SPÉCIAL : les infirmiers(ères) hospitaliers(ères) et libéraux(les) bénéficient d’un tarif réduit à 5€ pendant toute la durée de l’exposition. Ce tarif comprend l’entrée à l’exposition mais également l’accès au parcours permanent.
Réservez dès maintenant votre billet.

Tout au long de l’année, le musée vous propose une programmation dédiée autour de l’exposition.

Des visites guidées sont proposées tous les dimanches.
Retrouvez les visites, ateliers et autres événements dans l’agenda culturel !

Lire la vidéo

 

Conseil scientifique de l’exposition

  • Christophe DEBOUT, IADE, cadre supérieur de santé, PhD. Responsable pédagogique, Institut de formation interhospitalier Théodore-Simon, Neuilly-sur-Marne ; Chaire Santé Sciences Po/IDM UMRS 1145
  • Frédéric PINEAU, historien spécialiste de l’histoire des femmes au 20e siècle
  • Virginie ALAUZET, responsable Systèmes de gestion des documents et des archives – Croix-Rouge française

Le parcours de visite de l’exposition

L’exposition s’attachera à décrire et faire comprendre la diversité des statuts et des champs d’activité des personnels infirmiers.
Il sera nécessaire de recontextualiser le propos au temps d’un conflit marqué par des évolutions technologiques, thérapeutiques et des pratiques de soins particulièrement rapides.
Le parcours se concentre sur les personnels infirmiers français et s’articule autour d’un fil rouge thématique qui permettra d’envisager trois moments structurants :

  • Statuts des infirmières pendant la guerre,
  • Pratiques soignantes des infirmières,
  • Imageries et stéréotypes.

 

Université d'été musée de la Grande Guerre de Meaux : Les Femmes dans la Grande Guerre, 1 juillet 2023


 
L’université d’été du musée, présidée par l’historien François Cochet, sera consacrée aux « Femmes dans la Grande Guerre».

Historiens, chercheurs et professionnels se réuniront pour ce rendez-vous incontournable de l’année.

 

Programme

9h30 Introduction
François Cochet

10h – Les mères des combattants
Stéphanie Couriaud

10h45 – L’implication féminine dans les oeuvres de guerre
Claire Saunier-Le Foll

11h30 – Visite guidée de l’exposition : « Infirmières, héroïnes silencieuses de la Grande Guerre »
Johanne Berlemont

12h30-13h30 – Déjeuner

13h30 – Marraine de guerre, une expérience plurielle
Aliénor Gandanger

14h15 – Tenir et maintenir. Femmes de la noblesse française dans la Grande Guerre
Bertrand Goujon

15h15- La Grande Guerre des Seine-et-Marnaises à travers les fonds des archives départementales de Seine-et-Marne
Olivier Plancke et Justine Queuniet, archives départementales de Seine-et-Marne.

16h – Conclusion
Francois Cochet

RÉSERVEZ VOTRE PLACE POUR L'UNIVERSITÉ D'ÉTÉ

Les intervenants

·       François Cochet, historien, professeur émérite à l’université Lorraine-Metz et président de l’université d’été du musée.

·       Stéphanie Couriaud, professeure des écoles, enseignante à l’institut d’études thérésiennes à Lisieux, diplômée d’un Master 2 en histoire et connaissance des civilisations. Les recherches de Stéphanie Couriaud portent sur les mères des combattants de la Grande Guerre

·       Claire Saunier-Le Foll, chargée de cours à l’Université du Havre-Normandie et chercheuse associée au LARHRA (Université Lyon 2) et au GRIC (Université du Havre-Normandie).

·       Johanne Berlemont, responsable du service conservation du musée de la Grande Guerre.

·       Aliénor Gandanger, doctorante en Histoire contemporaine.

·       Bertrand Goujon, agrégé d’histoire, maître de conférences habilité à diriger les recherches en Histoire contemporaine à l’université de Reims Champagne-Ardenne, spécialiste de l’histoire des élites européennes au XIXe et au début du XXe siècle.

·       Olivier Plancke et Justine Queuniet, archives départementales de Seine-et-Marne.

mardi 22 novembre 2022

Nouveauté livre : LES MILITAIRES DE LA COMMUNE DE PARIS, 1871, par Frédéric Pineau (mots-clés : 1871, révolution, Commune, Paris, amazones, femmes combattantes)

 

La Commune de Paris de 1871 c'est vue réappropriée par de multiples tendances politiques, de l'extrême gauche à l'extrême droite, en passant par les libertaires, les nationalistes révolutionnaires, les socialistes, les communistes, etc. Objet de passions, de fantasmes et de convoitises, elle a laissé à beaucoup le goût de l'inachevé. Louise Michel, le mur des fédérés, la « semaine sanglante », autant d'évocations d'une révolution manquée, voire contrariée par ses faiblesses. Historiens, amateurs, politiques, il nous semble parfois que tout a été dit par tous, mais ce qui peut surprendre c'est l'absence d'étude sur ce qui fut l'âme, le gage de son existence, le cœur même de la Commune de 1871 : son armée, émanation voulue du peuple par le peuple. 




Mise sur pied dès le mois de mars 1871, son histoire, son organisation, ses diverses formations, ses uniformes, son armement, etc. sont autant d'aspects qui échappent à sa construction historique. C'est précisément ce que Frédéric Pineau vous présente en ces pages qu'accompagne une riche  iconographie souvent inédite. 

Outre les bataillons de gardes nationaux fédérés, vous y découvrirez d’étranges formations comme les tirailleurs blindés de La Villette, le bataillon contre-chouans,  l’artillerie maritime, les trains blindés, les équipes de fuséens, la légion Schoelcher et bien d’autres formations aux noms si bizarres que la postérité n’a pas retenus.




Une large place est consacrée aux femmes, que ce soient les femmes combattantes, les ambulancières, les cantinières ou celles qui combattront individuellement dans les bataillons de la garde nationale, comme de simples gardes.


PINEAU (Frédéric), Les Militaires de la Commune de Paris, 1871, Paris, Archives et culture, 2022  

SORTIE LE 3 DECEMBRE 2022

Nouveauté livre : JE MAINTIENDRAI, femmes, nobles et françaises, 1914-1918, Bertrand Goujon (mots-clés : Grande Guerre, Croix-Rouge, infirmière, noblesse, gotha)

 Bertrand Goujon, maître de conférences HDR en histoire contemporaine à l’université de Reims Champagne-Ardenne, nous offre avec Je Maintiendrai, femmes, nobles et Françaises, 1914-1919, une étude unique, novatrice et d’une richesse qu’il sera difficile d’égaler. Une étude unique donc, dans la mesure où elle s’attaque profondément au rôle des femmes de la noblesse pendant et juste après la guerre.



La vie qu’elles mènent est celle de beaucoup de Françaises, qu’elles soient baronnes, marquises, duchesses, princesses, comtesses ou vicomtesses. L’époux absent, les pillages, les destructions, le deuil d’un mari, d’un enfant, d’un frère ou d’un père, les bombardements, le déracinement, etc. En l’absence de l’homme certaines ouvrent leurs châteaux aux blessés militaires et aux réfugiés, d’autres s’improvisent gestionnaires d’un patrimoine colossal ou modeste, etc. Il faut aussi continuer à entretenir les réseaux d’influence et même à penser à en ouvrir de nouveaux. « Pour la plupart, l’essentiel reste néanmoins de maintenir leur rang, fragilisé par une hécatombe qui a décimé leurs fils et époux, mené certaines au bord de la ruine et conduit d’autres à la mésalliance ».

Ce livre qui ne compte pas moins de 912 pages s’appuie sur un corpus de sources et une bibliographie des plus solides qui pourront servir de base à bien d’autres études à venir. C’est bien l’usage d’archives privées provenant de châteaux comme ceux de Flaugergues, de Chaumont, etc., ou de familles illustres comme les Toulouse-Lautrec ou les Tascher de La Pagerie qui nous a paru ici le plus intéressant, car jusqu’à présent jamais utilisées pour ce genre d’étude.

La noblesse a donc dû s’adapter à la guerre, l’apprivoiser en quelque sorte, se résigner à la dompter. Servir est le maître mot. C’est dans les sociétés d’assistance de la Croix-Rouge française (SSBM, ADF, UFF) et les œuvres que cet apostolat de la charité se manifestera avec grandeur et bienveillance. C’est aussi un moyen de demeurer sur place, de servir et du même coup de surveiller et protéger ses biens.

La question qui se pose et qui d’ailleurs clos l’ouvrage, est un « retour à la normale » est-il possible avec la fin de la guerre. Doit-on douter de l’avenir aux vues des bouleversements sociaux et culturels vécus et subis ? Spécialiste de la noblesse pendant la Grande Guerre, l’auteur ouvre une réelle réflexion sur un sujet complexe.

GOUJON (Bertrand), Je Maintiendra, femmes, nobles, Françaises, 1914-1919, Paris, Vendémiaire, 2022

mardi 11 octobre 2022

BD : SABOTEUSES, tome 1 Aiguille de Jean-Claude Van Rijckeghem et Thomas du Caju (Mots-clés : SOE, commandos, parachutage, WWII)

Saboteuses, est l’histoire de trois expatriées Françaises, Paulette Kincaid « Aiguille », Kay « Mouche » et « Boxeur », qui de Grande-Bretagne seront parachutées en France pour la préparation du jour J et semer le désordre, par tous les moyens possibles, au sein des lignes allemandes.
Paulette Kincaid, l’héroïne principale de ce récit, est « une jeune femme qui s’ennuie dans une ville (Londres) sous la menace des bombardements nazis. Cantonnée à un morne emploi de couturière par sa tante, elle ne rêve que d’aventure et ne peut empêcher sa nature impulsive de la fourrer dans les ennuis, allant jusqu’à voler une jeep de l’armée pour venir en aide à une femme enceinte sur le point d’accoucher. Loin de la sanctionner, les militaires lui proposent un emploi : faire partie du SOE ». 

 Le SOE (Special Operations Executive) a pour mission l’envoi d’agents secrets dans les territoires occupés d'Europe principalement, mais aussi en Abyssinie et en Asie du Sud-Est, pour renforcer la résistance locale, diriger des sabotages, organiser la réception des parachutages d'armes, de matériel et d'agents et ainsi de suite. Ce service a été créé en juillet 1940 par Sir Winston Churchill et mis en marche par Sir Hugh Dalton (ministre de la Guerre économique).

Les agents féminins y entrent sous couvert du FANY (First Aid Nursing Yeomanry), une organisation féminine d’ambulancières fondée au début du 20e siècle, en 1907, qui d’ailleurs passa rapidement de la traction hippomobile à l’ambulance automobile. Notons que les FANY étaient présentes lors des obsèques de la reine Elisabeth II à Westminster, reine qui en porta l’uniforme à la seconde guerre mondiale. Paulette et ses consœurs font partie de la section F (France) du SOE. 

Tout au long de cette bande dessinée, qui au final comprendra six parties, nous suivons Paulette depuis la Grande-Bretagne jusqu’à son parachutage en France et ses premiers pas en terre occupée. Jeune, peu expérimentée, impulsive et gaffeuse, elle met plus d’une fois ses collègues en danger. Une intéressante bande dessinée, convaincante qui est une approche graphique du monde de l’ombre qu’est celui du SOE. Nous attendons avec impatience le tome 2 du travail de Thomas du Caju et Jean-Claude Rijckeghem. 

 Jean-Claude Van Rijckeghem et Thomes du Caju, Saboteuses, tome 1, Aiguille, éditions Paquet, 14,50 euros

mercredi 31 août 2022

LIVRE : MADELEINE MICHELIS, Correspondance d’avant guerre et de guerre ( Mots-clés : résistance, occupation)

 

Quelle merveilleuse figure que celle de Madeleine Michelis (1913-1944). Ses échanges épistolaires avec son “cher vieux” (son frère Jean), ses “chers parents” et quelques amis, de 1935 à 1944, nous font découvrir, et revivre, une jeune femme à l’esprit vif, qui semble tout voir, tout comprendre et analyser l’actualité et ce qui l’entoure avec une folle perspicacité. De la douce Angleterre en paix à la France occupée, au travers des lignes, Madeleine est incisive, primesautière, drôle, sarcastique… Sa correspondance se lit comme un très bon livre, presque comme un roman. Le style, le ton, la langue font d’elle un talentueux prosateur : “Toujours la même amitié entre mes gosses, moi et la mer. Les couleurs se ternissent de jour en jour, le temps s’étouffe. Il fait froid” (novembre 1939). 

 


 


Lorsque la guerre vient puis s’installe, malgré les revers de l’armée française, Madeleine ne perd pas confiance : “quoiqu’il arrive, je crois invinciblement en l’avenir de la France. Je suis trop attachée à sa culture, à son âme pour ne pas être bouleversée par ce qui se passe” (23 mai 1940). À la différence de sa mère, elle ne peut se résoudre à approuver le discours du maréchal Pétain, “quel coup ? On vient d’entendre Pétain. On espérait la résistance à outrance, au moins.”


Dans ses lettres tout explose, tout est dit sans retenue, mais avec beaucoup de finesse, à une époque ou il faut être discret : “Maman est affectée d’une anglophobie suraiguë, doublée pa l’histoire navale d’avant hier. Elle chante les louanges du gouvernement français “qui vient de signer l’armistice pour sauver la vie de tant d’hommes” and so on. Très agréable à entendre surtout quand on vient d’une zone occupée” ou encore “je me suis brillant magnifiquement retapée, mais le moral est beaucoup moins brillant, surtout depuis que le pays est pourri d’hôtes supplémentaires. On les ignore le plus possible, voilà tout.” De caractère, elle n’en est pas dépourvu. La stigmatisation des juifs lui fait perdre toute contenance : “toutes ses mesures prises sont admirablement préparées : hier, mesures odieuses contre les juifs. Or, depuis 2 mois, articles de toutes sortes sur les juifs, attaques personnelles et nominales, “comment ils volent, comment ils s’insinuent, comment ils ont créé une internationale dans l’État, etc.”


Lorsque l’on parcours cette correspondance on découvre la joie, l’insouciance, la vie, l’espérance… mais nous connaissons ce qu’elle ne connait pas encore, sa fin tragique. Ce qui rend ce livre d’autant plus émouvant. 

En octobre 1940, Madeleine Michelis écrit avec beaucoup de bon sens “Il est tellement plus facile de s’opposer à ce qui va se faire que de desserrer le noeud qui vous étrangle. Et quand l’étranglement devient volontaire et conscient !” Pour elle l’étranglement ne sera jamais volontaire et conscient. Résistante, elle est arrêtée le 13 février 1944, transférée à Paris, soumise au supplice de la baignoire, elle meurt étranglée, victime de ses bourreaux ou suicidée, nul ne le sait.


Correspondance d’avant-guerre et de guerre, n’est pas un livre sur la résistance à proprement dit, mais plus une correspondance personnelle qui au fil du temps et des pages nous fait vivre un vécu et un ressenti de la guerre. Une merveille littéraire.


MICHELIS (Madeleine), Correspondance d’avant guerre et de guerre, Paris, Le Félin, 2015, 20 euros

lundi 25 juillet 2022

Nouveautés : Frédéric Pineau OUVRIERS ET OUVRIERES DE LA GRANDE GUERRE

 La Grande Guerre est une dévoreuse de chair et de matière. Aussi pour la gagner faut-il plus d'armes, toujours plus de munitions, or pas de guerre sans munitions, pas de munitions sans ouvriers. Les premières années de guerre sont difficiles. Pour la victoire, les ouvriers mobilisés sont renvoyés dans leurs usines par milliers, on fait aussi massivement appel aux femmes et même aux enfants. Mais il faut toujours plus de bras. On se tourne alors vers une mai-d'oeuvre étrangère, arrivant parfois de l'autre bout du monde ou en provenance des colonies françaises. Le monde des industries du temps de guerre, organisé de main de maître par les sous-secrétaire d'État à l'Artillerie et aux Munitions, le socialiste Albert Thomas, est un univers à part, complexe. C'est lui que nous présentons dans toute sa diversité, mais aussi, pour la première fois, au travers des tenues et insignes distinctifs en usage chez les ouvriers et ouvrières.

 


Frédéric PINEAU, Ouvriers et ouvrières de la Grande Guerre, Bayeux, OREP, 2022, 6,7 euros